Essence d’orient

à lire

28 février 2006

Blondi

Après avoir monter les soixante marches, essoufflé elle arriva enfin à la porte N°13.  Si bien coiffée,  elle portait une bel ensemble, fait d’un chic manteau en daim. La damoiselle frappa à la porte et au même moment vérifia son rouge à lèvre semi permanent, framboise écrasée et examina son haleine   avec  son oreille colla à la porte. Et d’un geste brusque elle se redressa,  quand elle  entendit des pas

- Qui ? Fit une voix féminine derrière la porte

- Est-ce ici la famille Couine…c..o..u..i..n..e ? Avec une voix affectée, lui demanda la damoiselle.

- Non ! L’informa gentiment la voix, qui paraissait celle d’une jeune femme.

- Ho, zut, je me suis trompé d’appartement !pardon ! S’excusa la visiteuse en soignant sa mise. 

- Non, vous y êtes. Rajoutait la jeune femme tant restant derrière la porte entrouverte.   Nous avons changé notre nom de Couine ..C.o..u..i..n..e  en Queen..Q..u..e..e..n !

- Ha d’accord, est-ce que Lili est là ? Un peu perplexe l’interrogea à nouveau la damoiselle.

- Qui la cherche !

- Dites lui juste que blondinette, la cherche !

A peine dit ça, que la porte s’ouvrit totalement et la jeune femme à voix douce se montra enfin et comme tout genre féminin, elles commencèrent à se toiser. La damoiselle remarqua que la jeune femme en foulard ne la reconnaît pas.

- Tu me reconnu plus ? Avec une lueur aux yeux et un sourire charnu, la visiteuse s’enquis.

- Le devrai-je ?bizarrement, la jeune femme ne voyait pas comment reconnaître cette étrangère.   

- C’est moi blondinette, quoi tu m’as oublié …. ! Une réponse avec un joli battement de cils gras.

- ???? Le néant.

- Au lycée « blondinette et Lili, rose est orchidée »

- Tu es blondi … ! s’écria la jeune femme en ouvrant bien cette fois la porte. Oui et nous chantions çà à la récréation.. ! Ho blondi ! Comme tu as grossi

- Ho ….Lili ….Lili ….Lili ….Lili ….Lili et comme tu as maigri !

Et les voilà chacune dans les bras de l’autre.

- Entre.. ! Entre.. Entre.. ! L’invita vivement la jeune femme.

- Attend avec mon pied droite, pour porter chance ! Chère Lili !

- Il n’aime pas ce nom Lili, je m’appelle aujourd’hui « sœur Fatima »

- Qui est-ce ?

- Le sauveur !

- Ha.. ! Sans vraiment dénicher de qui s’agit-il.

Les deux copines se dirigèrent vers le salon, enfin un petit salon.

- Alors, comment vas-tu blondinette ?

- Ça va et où est ta mère !

- Comme toujours chez la voisine entrain de débiner une autre et récolter les dernières nouvelles ! Tu connais le téléphone arabe !

- Mieux que ce que fait ma mère !Lui répondit blondi

- Elle fait quoi !

- En ce moment elle est en train de maudire mon père ; le pauvre, il n’échappe pas à sa mauvaise langue.. ha et ton père ou est-il ?

- Lui il n’a pas résisté, ma mère la moulu entre les paumes de sa main. Chaque fois elle Le bannissait, il rejoint le très haut !

-Ho, je suis désolé. Alors, après ce temps qu’as-tu fait de bon.. ?

-          Rien !

-          Alors moi ma chère, je te rapporte toute les nouvelles. Tu te souviens de Linda, celle qui avait toujours le nez dans le doigt.

-          Oui !

-          Ben, elle s’est fait cinq opérations d’esthétiques. On lui enlevait pas moins de trois kl de chair, retirée de ces replis de cuisse et de hanches.

-          La pauvre !

-          Trois kl de graisse qui ont servi à envelopper son cousin brûlé. Donc, chaque fois qu’elle se gratte la hanche, il a tout le visage griffé.

-          Pourquoi ! Étourdi et perplexe Fatima souriait tout bêtement.

-          Et tu te rappelles de Fadila, qui était la morveuse de la classe. Qui avait une coiffure comme un pschent

-          Oui !

-          La morveuse a épousé un français !

-          Un chrétien !avec ces yeux marrons, s’enquit Fatima.

-          Oui ! Et même qu’il s’est circoncis.

-          Tu veux dire, qu’il s’est converti !

-          C'est ça.. il s'est circonverti. Comme un criquet blondi sautait d'une question à une autre. Atoi de me dire.. J’ai entendu que tu étais fiancé à un homme et tu as rompu une semaine après. !

- Oui !

- Je peux savoir pourquoi !s'enquis curieusement blondi

- Il n’était pas pratiquant !

- Ho, mon dieu quel horreur, il n’était pas un !

- Oui, tu vois ma sœur !

Après une petite réflexion, d’une fraction de seconde

- Dis, Fatima que veut dire ne pas être un pratiquant

- Il ne fait pas les prières. !

- T’as quitté un homme juste pour ça !

- Non, pour une autre raison très pire.. !

- Laquelle ? Avec des yeux agars

- Il ne connaissait pas la direction de « la kibla » (le coté ou tout croyant se dirige vers pour prier)

- C’est un homme pas une boussole et c’est tout !

- N’est-ce pas assez !

- Il a deux villas, trois Rolls-Royces, quatre grands magasins, un compte en devise en suisse et il n’a pas de mère !

- Le sauveur a exigé que le mari soit un homme pieu

- Le sauveur. ??Qui est ce sauveur!

- dieu! Et il a gagné sa fortune en gagnant au loto !

- Ben, je ne savais pas ça !

- C’est de l’usure !

- Et qui a dit ça !

- Le sauveur!

- Tu sais « il y’a dans la mer ce qu’il ne y’a pas dans un fleuve », chère fati

- Tu veux dire quoi !

- Est-ce que tu l’aimes.. !

- Non

- Est-ce que tu regrettes cette rupture !

- Non, il m’a offert qu'une bague de fiançailles! Puisqu'il l'annuaire coupé!

- Ben, même avec un doigt il est craquant et en plus je crois qu’il a changé !

- Comment le sais-tu ?

- Regarde mes doigts, tu vois quoi ?

- Des doigts effilés !

- Vise l’annuaire !

- Un bout de verre !

- Quoi, c’est une bague de trois kilo quarra saturée d’une perle de saphir

- Et pourquoi tu me la montres

- Il a demandé ma main, en plus il m'appelle Bastet

- Attend demain, il voudra tout ton corps !

- Ma mère, s'il la veut! !

- Ce païen veut t’épouser.. ! As-tu consulté notre sauveur!

- Entre nous, le diable m’offert ces services gratuitement. ! On plus en ressemble à deux Paradisiers!

- Ton mariage ne sera pas bini, il sera que Vol d’Icare !

- Il sera au moins sous garantie, il y’a chez les démons humain de ces idées. !

- Démon !

- Ma mère, elle m’a poussé à demander à cet homme de mettre tout son bien à mon nom.. !

- Zut.. !

- Quoi !

- La bonté n’est pas prolifique !Chère blondi

- Comme on dit, avec le diable tout est négociable. !

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